La prolongation suivie d’un soukoune ou d’une chedda – leçon 15

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La prolongation suivie d’un soukoune ou d’une chedda – leçon 15

Introduction

Dans cette 15e leçon pour apprendre le tajwid du Saint Coran, nous continuons notre apprentissage des règles de la prolongation. Nous allons étudier ici les prolongations qui sont suivies d’un soukoune ou d’une chedda.

la prolongation suivie par un soukoune ou une chedda

1. La prolongation causée par un soukoune – مَدٌّ عارِضٌ لِلسُّكونِ

 

Cette prolongation se produit lorsqu’il y a un soukoune – ـْ
placé sur une lettre et marquée par le lecteur, à cause d’un arrêt lors de sa récitation (peu importe qu’elle soit en milieu ou en fin de verset).

Eléments requis :

  • une lettre de prolongation naturelle
  • suivie par un soukoune (sur le lequel le lecteur s’arrête)

Ce soukoune par conséquent n’est pas écrit dans le texte du Coran car il n’apparaît qu’à cause de l’arrêt du lecteur sur la lettre arabe.

Effet :

  • une prolongation de 2, 4 ou 6 temps
  • Il est préférable de prolonger de 4 ou 6 temps

Exemples :

Lettre de prolongation

Extrait de versets Sourate /verset
ا فِي الْبِلَادِ

89/11

و غَيْرُ مَمْنُونٍ

95/6

ي بَعْدُ بِالدِّينِ

95/7

 

2. La prolongation douce – مَدُّ اللِّينِ

Cette prolongation se produit lorsque le mot contient une diphtongue et que le lecteur choisit de s’arrêter sur celle -ci (qu’elle soit en milieu ou en fin de verset).

Eléments requis :

  • une des lettres de la prolongation suivantes : ي ou و
  • suivie par un soukoune sur la dernière lettre
  • précédée par une fatha

Bien que cette règle ne soit visible dans l’écriture du Saint Coran, celle-ci se produit oralement lorsque le lecteur décide de s’arrêter sur la lettre arabe.

Effets :

  • élongation de 2, 4 ou 6 temps

Exemples :

Lettre de prolongation

Extrait de versets

Sourate /verset

ي لِإِيلَافِ قُرَيْشٍ

106/1
و وَآمَنَهُم مِّنْ خَوْفٍ

106/4

 

3. La prolongation nécessaire – مَدُّ اللّازِمِ


Éléments requis :

  • une prolongation naturelle
  • suivie par un soukoune – ـْ ou une chedda – ـّ

Effets :

On inclut la chedda dans cette règle car elle est composée d’une double lettre : la première étant Sakina, la seconde étant voyellisée.

La prolongation est d’une durée de 6 temps

Elle est nécessaire c’est-à-dire “obligatoire”, on doit donc respecter sa mesure de 6 temps.

Il existe deux types de prolongation nécessaire : celui du mot – كَلِمي
et celui de la lettre – حَرفي.

 

a. La prolongation nécessaire du mot – مَدُّ اللازِمِ الكَلِمي

La prolongation obligatoire est présente au sein du mot – كَلِمي

 

Éléments requis :

  • Une lettre de prolongation naturelle
  • Suivie d’un soukoune ou d’une chedda
  • Dans un même mot

On dit qu’il est lourd – ثَقيل
lorsque la prolongation est suivie d’une chedda.

Exemple :

Extrait de versets

Sourate /verset

وَلَا الضَّالِّينَ

1/7
الصَّاخَّةُ

80/33

 

On dit que la prolongation est légère – خَفيف
lorsqu’elle est suivie d’un soukoune.

Exemple :

Extrait de versets

Sourate /verset
آلْآنَ

10/51

 

b. La prolongation nécessaire de la lettre composée de trois lettres

La prolongation nécessaire est présente dans une lettre arabe. Ceci se produit dans certaines lettres qui sont présente au commencement de certaines sourates.

Ces sourates commencent par des lettres indépendantes issues de alphabet arabe qui sont attachées les unes aux autres comme pour former un mot. Les lettres individuelles doivent être prononcées par le lecteur indépendamment de leur rattachement à un mot.

Par exemple, la lettre Noune dans le premier verset de la sourate al Qalam – 68  :

ن

Cette lettre se lit en arabe :

نُونَ

La longueur de la prolongation de chacune des lettres sera déterminée par la règle de la prolongation inhérente à l’orthographe de celui-ci.

La différence de la longueur de son prolongement est déterminée par le nombre de lettres qui sont utilisées pour épeler le nom de cette lettre en particulier. Donc ces prolongations peuvent contenir trois, deux ou une seule lettre.

Éléments requis :

Ces lettres sont celles qui sont orthographiées avec 3 lettres et dont la lettre du milieu est soit une prolongation soit une lettre de la prolongation douce – مد اللين

Effets :

Prolongation de 6 temps. Ces lettres  arabes sont :

Lettre de prolongation

orthographe sourate / numéro
ن

نُون

68

س

سِين 26
ق

قاف

50

ص

صاد

38

ع

عَيْن

19

ل

لام

2

ك

كاف

19

م

مِيم

26

 

Notes complémentaires :

La lettre arabe disposant d’une diphtongue (لِين) est la lettre – ع dont l’orthographe est : عَيْن. Cette lettre se présente dans deux sourates : Maryam (19) et Ash-shoura (42)

D’après la la voie de Shaatibiyyah, la longueur de la prolongation est de 4 à 6 mesures. L’imam Shatibi a ainsi dit que la lettre Ein – ع a deux prononciations possibles et que la mesure préférable est de 6 temps. Cependant d’après la voie de Tayyaba,  elle n’est que de deux temps.

La prolongation nécessaire de la lettre est lourde lorsqu’il y a une lettre arabe de l’assimilation – الإدغام
après l’une des trois lettres du mot.

Exemple 1 :

Sourate al-Baqara :

الم

On prononce ces trois lettres de la façon suivante : اَلِفْ لامْ مِيم

Dans cette exemple, une lettre Mim Sakina suit une lettre Mim portant une voyelle. On pratique donc une assimilation – إدعام  
Ainsi on procédera à une nasalisation – غُنَّة.

Exemple 2 :

Sourate 26 :

طسم

On prononce ces trois lettres de la façon suivante : طَا سِين مِيم

Dans cet exemple, une lettre Noune Sakina suit une lettre  arabe Mim portant une voyelle.On pratique donc une assimilation – إدعام
. Ainsi on procédera à une nasalisation – غُنَّة.

Note supplémentaire

Lorsqu’il n’y a pas de lettre d’assimilation après un mot trilitère, la lettre arabe  sera élongée de 6 temps.

Par exemple :

Sourate 19 :

كهيعص

Si on décompose ces lettres, on obtient :  كاف ها يا عين صاد

Ici on constate que la lettre Noune Sakina présente dans le mot عين
est suivie de la lettre Sad – ص. Ici on ne pratique pas une assimilation – إدغام  mais une dissimulation – إخفاء.

c. La prolongation nécessaire de la lettre composée de deux lettres arabes

La lettre ici est orthographiée avec deux lettres arabes (qui apparaissent au commencement de certaines sourates). Elle est donc prononcée par une prolongation de deux comptes.

Ces lettres sont :

Lettres Orthographe Sourate /numéro
ط طَا

20

هـ هَا

19

ر را

10

ح حا

40
ي يا

19

 

D. La prolongation nécessaire de la lettre composée d’une lettre unique

La seule lettre qui ne prend pas de prolongation est la lettre arabe Alif – ا. Ceci est dû  à son orthographe qui ne comporte pas de prolongation : اَلِف.

Conclusion 

Nous avons appris dans cette leçon de tajwid du Saint Coran à prononcer les prolongations qui sont à la fois suivies par d’un soukoune et d’une chedda.

Nous avons appris également à différencier les prolongations présentes dans les mots, et celles présentes dans les lettres débutant certaines sourates du Coran.

Dans la leçon suivante, nous allons apprendre à lire les prolongations ayant d’autres effets que ceux étudiés dans les leçons 13 et  leçons 14.

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